« Que viennent chercher chez moi mes patients et qui leur fait du bien ? ». C’est la question que s’est posé un jour un médecin alors que je l’interviewais à propos de la relation médecin-patient. Du savoir médical ? L’expérience d’un médecin confronté au quotidien à la maladie et à la souffrance ? Une attention et une présence à l’autre dans l’acte de soin ? Cette question se pose aussi aujourd’hui dans de nouveaux espaces de recherche de soins : l’internet-santé où les patients sont en quête d’informations médicales ou partagent entre eux leurs expériences de la maladie, les sites internet de médecins, prolongements virtuels de leur cabinet médical, et bientôt la téléconsultation (en 2011) où patients et médecins pourront se rencontrer dans un colloque virtuel et singulier…
L’acte de soin n’a point d’autre désir que de s’accomplir
Dans ces nouveaux espaces liés aux NTIC, que devient cette rencontre patients-médecins ? Un début de réponse à cette question m’est venu le jour où j’ai décidé de proposer à mes patients une adresse mail où m’écrire et un numéro de portable pour m’envoyer des SMS. Ils n’ont pas tardé à utiliser ces nouveaux modes de communication et rapidement j’ai reçu des mails pour prendre rendez-vous, des SMS pour me prévenir d’un retard pour la consultation mais aussi pour me tenir au courant de l’évolution de leurs symptômes ou pour me demander des précisions sur les traitements que j’avais prescrit. Et à chaque fois j’ai bien perçu qu’ils communiquaient avec moi d’une manière bien particulière, en me vouvoyant et avec « bonjour Docteur », « par avance merci », « cordialement », « bien à vous »…loin des codes de communication en usage avec des amis ou des proches par mail ou SMS. Et mes réponses ont repris bien sûr très naturellement ces codes de communication en signant à chaque fois Dr Rageau. Bref le climat du colloque singulier et la place de chacun se sont spontanément retrouvés dans ces échanges NTIC car mes patients ont besoin de ce cadre de soin, même virtuel, pour être soignés, comme un prolongement de la consultation dans le réel. Gageons qu’avec la téléconsultation, ce même phénomène se mettra en place dans cette rencontre virtuelle patient-médecin, car l’acte de soin n’a point d’autre désir que de s’accomplir, quelque soit l’espace dans lequel il s’exprime.
Dr Jean-Pierre Rageau






En tant que professionnelle de santé, je partage tout à fait l’analyse du Dr Jean-Pierre Rageau. Le patient est au coeur de notre préoccupation. Toutes les disciplines quelles soient virtuelles ou réelles doivent nous aider à leur assurer une prise en charge médicale rapide et de qualité.
L’apport des NTIC est un complément, à mon avis, indispensable de nos jours.
Recevoir par courriel des nouvelles de ses patients, pouvoir donner ou modifier leur rendez-vous en deux clics de souris entraine plus de convivialité entre le professionnel de santé et le patient. Cela n’est pas pour autant du ‘copinage’. A nous de savoir replacer la position de chacun.
Très souvent, ils me parlent de leurs recherches sur internet et j’en suis ravie. C’est un élément supplémentaire à l’écoute du patient. Et même, je partage avec eux mon écran d’ordinateur et nous cherchons ensemble l’information la plus juste.
Partager et recadrer les informations est un point essentiel dans la relation patient-médecin.
Nous ne sommes pas la science infuse. C’est tout l’enjeu de la télémédecine qui permet entre autre de partager des savoirs, de poser des diagnostics plus rapidement et donc plus bénéfiques pour le patient.
Ces NTIC peuvent être un outil barbare qui demande un peu plus de disponibilité de la part des professionnels.
Mais quel est le plus important, regarder sa montre en direction de la salle d’attente ou bien prendre quelques minutes supplémentaires consacrées à la lorgnette de son écran pour le mieux-être de nos patients ?
Merci pour votre réaction à l’article “que devient la rencontre patient-médecin” à l’heure de la téléconsultation ?”. Il est en effet indispensable d’intégrer désormais les NTIC comme compléments à la prise en charge de nos patients… il reste la question de l’adaptation de nos modes de rémunération pour prendre en compte le temps supplémentaire passé avec certains patients. Jean-Pierre Rageau
Désolée pour le temps pris à vous répondre. Concernant, la question de l’adaptation des modes de rémunération, je pense que malheureusement, c’est du temps donné aux patients compris dans l’acte de soin. Maintenant, c’est à chaque professionnel de santé de juger s’il lui est possible d’allier NTIC, qualité du soin et rémunération.