

En vingt-cinq ans et quatre vagues technologiques, l’e-santé est passée d’un simple site web d’information médicale à une IA partout — avec, désormais, un ROI obligatoire. Les outils de communication ont évolué et sont devenus stratégiques. Basil Strategies a traversé ces transformations en restant fidèle à son métier : faire de la communication et de l’événementiel des accélérateurs d’adoption.
Pourquoi avoir lancé Basil Strategies si tôt ? Parce que j’étais déjà convaincue depuis plusieurs années que la santé numérique allait améliorer la circulation des connaissances professionnelles, l’accès à l’information pour les patients, et la relation entre soignants et patients. Participer à ce mouvement est rapidement devenu une passion.
La technologie bouge en permanence. Comment l’exprimer ? Ces 25 ans ont été une succession de ruptures technologiques — et ce ne sera jamais terminé. Mais l’enjeu, pour Basil Strategies, n’a pas changé : aider l’innovation à entrer dans les usages, en réunissant les acteurs de santé grâce à deux carrefours d’échange devenus essentiels : LinkedIn et l’événementiel. C’est notre fil rouge !
Vague 1 — Web et email : le marché découvre l’e-santé
En 2001, en France, un ménage sur cinq seulement était connecté — et le Minitel faisait encore partie du quotidien. L’e-santé, c’était encore, côté professionnels, un site web vitrine et l’usage d’email, avec quelques start-up, tandis que Doctissimo s’installait côté grand public.
En Europe, 36% des ménages disposaient d’un accès Internet, et seulement 23% avaient déjà utilisé Internet pour obtenir des informations santé. Aux États-Unis, près de 54% des Américains utilisaient déjà Internet, y compris pour beaucoup au sujet de la santé.
Et Basil Strategies ?
Chez Basil Strategies, nous nous sommes lancés grâce à une demande d’études et de rapports pour des acteurs de référence, dont l’AP-HP, le Vidal, l’ANAES, le précurseur de la HAS, puis la HAS, ainsi que de grands laboratoires. Il s’agissait d’aider les organisations à adopter des pratiques nouvelles, et à rendre l’innovation compréhensible. De l’évaluation de sites et de la mise en place de formations, nous sommes passés à la création puis à la rénovation de sites web.
Club ePharma, qui nous a été demandé par des managers pharma, a été une initiative collective majeure. Ce club permettait l’échange d’informations sur les avancées de la communication digitale en santé et les outils d’e-santé, avec une question omniprésente : dans quel cadre, et jusqu’où les industries du médicament peuvent-elles aller ?


Vague 2 — Réseaux sociaux et iPhone : l’e-santé devient sociale et mobile
Avec les réseaux sociaux, tout devient plus visible, mais aussi plus exposé, ce qui entraîne une prudence plus forte en santé. En parallèle, ces réseaux servent aussi un objectif majeur : permettre à des acteurs moins connus de prendre place dans la communication. Facebook s’impose, et Twitter finit par prendre aussi une place importante en France.
En santé, portés par les livetweets européens #hcsmeu, déclinés par pays (#hcsmeufr en France), on voit apparaître les premiers échanges “IRL” autour de Twitter et de ce qui sera rebaptisé plus tard le Club Digital Santé.
Côté technologie, l’arrivée de l’iPhone et la diffusion des applications accélèrent la présence du numérique dans le quotidien, et l’écosystème start-up santé se densifie.
C’est alors qu’arrive Doctors 2.0 & You ?
Basil Strategies développe les formations auprès de managers de l’industrie. Nous réalisons davantage de benchmarking de sites, de réseaux sociaux et d’apps, pour aider les acteurs à se repérer. C’est dans ce contexte qu’est né Doctors 2.0 & You. L’innovation en santé avançait différemment selon les pays. Me déplaçant beaucoup en Europe et aux États-Unis pour repérer cette innovation lors de grandes conférences e-santé, je voyais que j’étais souvent l’une des seules participantes venant de France ; pourtant l’écosystème français avait besoin de repères internationaux et d’exemples concrets.


D’où la naissance de Doctors 2.0 & You. La conférence a tenu sa première édition en 2011 à Paris. Les tendances en santé numérique étaient encore assez théoriques en France. Les médias sociaux rendaient frileux, et les patients n’étaient pas invités auparavant à intervenir.
Nous avons organisé cet événement franco-international, en sollicitant des intervenants de tous les continents : la Mayo Clinic, le NHS, Bertalan Meskó, Lucien Engelen, la plus grande communauté de médecins chinois — et, côté patients, des patients influenceurs avant l’heure, ainsi que, pour la première fois, des patients keynotes français.
Doctors 2.0 est aussi à l’époque l’un des premiers partenaires du Festival de la Communication Santé lors de sa relance ; Basil Strategies y introduit des sessions sur l’avancement de l’e-santé, la participation des e-patients, et Twitter.
Vague 3 — Objets connectés et big data en santé
Dans cette troisième vague, les objets connectés se multiplient et génèrent des données de santé. On passe à une e-santé où l’on commence à visualiser — et parfois à décider — à partir de données.
Basil Strategies continue à accompagner les acteurs sur leurs fondamentaux, comme la refonte de sites web et les formations, mais c’est aussi la période où nous commençons à travailler davantage sur l’e-réputation des entreprises et des dirigeants.
Le programme Doctors 2.0 & You accompagne cette montée en puissance des objets connectés et de la donnée, au point d’organiser, par exemple, un concours de suivi de pas (step tracker), pour illustrer concrètement ces nouveaux usages.
Aujourd’hui encore, je suis touchée quand on me raconte ce que Doctors 2.0 & You a déclenché : des managers qui y ont fait leurs premiers pas, et des patients qui ont découvert leurs pairs sur scène.
Vague 4 — La France est convaincue, l’IA est partout, et LinkedIn s’affirme
Qu’est-ce qui structure la vague actuelle ?
Le vieillissement de la population, l’urgence d’améliorer l’accès aux soins, et la question de la souveraineté européenne du numérique en santé s’imposent comme des enjeux structurants. Et donc “vlan” : l’intelligence artificielle atterrit partout pour mettre au point des solutions rendues possibles par la génération de data.
Cela veut dire aussi que la santé numérique devient hyper spécialisée, et que le vrai sujet est le passage de cette innovation-là à l’échelle, grâce à un modèle économique solide et un ROI. Côté communication, il y a de plus en plus d’événements spécialisés et aussi davantage de communicants.
Les réseaux sociaux changent. Twitter devient X et se disloque comme référence professionnelle. Facebook s’essouffle. En B2B santé, LinkedIn s’impose comme la place centrale de la communication, même si ses algorithmes évoluent régulièrement.
Un acteur établi ou une start-up doit pourtant rester lisible et crédible dans ce paysage saturé : il faut transformer l’expertise interne en contenus séduisants, compréhensibles et réguliers, sans perdre la précision.
Et quel impact pour Basil Strategies ?
C’est pourquoi, chez Basil Strategies, nous proposons une aide à la mise à niveau et mise en forme de la stratégie LinkedIn, et j’anime personnellement des webinaires et sessions de conférence « innovation » d’autres acteurs de santé.
En parallèle, nous continuons à promouvoir la réalité virtuelle thérapeutique, via VRforHealth.com, un site ouvert à de nouveaux partenariats.
Et je suis très heureuse d’avoir pris la présidence de la FNIM en janvier 2026. La FNIM (Fédération Nationale de l’Information Médicale et de la Communication Santé) est, à mes yeux, un lieu particulièrement utile aujourd’hui : une institution qui peut réunir les start-up et les professionnels de la communication santé, et aider à faire circuler les bonnes pratiques entre métiers.
Et en conclusion ?
Ces 25 ans ont été une succession de ruptures technologiques — et ce ne sera jamais terminé. Mais l’enjeu, pour Basil Strategies, n’a pas changé : aider l’innovation à entrer dans les usages, en réunissant les acteurs de santé grâce à deux carrefours d’échange devenus essentiels : LinkedIn et l’événementiel. C’est notre fil rouge ! Denise Silber
